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Gare saint lazare
Gare saint Lazare --- Mathilde se souvient de ce soir là, entre chiens et loups quand l’obscurité commençait à descendre sur Paris
Sans doute en automne, peut être fin octobre , où le début d’un mois de novembre déjà frileux
Chaussée glissante, feuilles qui tourbillonnent , il est possible qu’il se soit mis à pleuvoir de ces larmes là qui ne s’oublient pas même quelques décennies plus tard
Gare saint Lazare , face à la bouche de métro avec ces escaliers trop raides
Celle qui se trouve juste face à la grande horloge
Paris qui s’illumine et ces voyageurs pressés qui s’engouffrent et ressortent des entrailles de la terre pour aller prendre quelque train en partance ou à l’arrivée d’une ville fantôme
Mathilde était là, ce soir là , debout
Les escaliers deviennent de plus en plus flous comme si la brume venait de tomber, paris dégouline à présent et le quai est désert, déserté – le train vient de s’arrêter
Il n’y a plus de brume et peut être si peu de pluie
Juste Mathilde et marc, seuls au monde , en automne, face à ce métro idiot avec en arrière fond le bruit lointain des essieux sur les rails , sorte de grincement sans fin gémissement lancinant qui ressemble un peu à ce qui se passe ce soir là dans la tête de Mathilde -
17 ans à peine
Mathilde n’a que 17 ans
Regard qui se voile, et ce chagrin immense qui vient d’éclore, si peu perceptible et qui soudain submerge, asphyxie , paralyse étouffe …., la soulève de terre pour la transporter très loin , très loin de ce monde là qu’elle voudrait soudain quitter , ne plus voir, ne plus entendre
L’apocalypse ne doit pas être loin-
Marc un peu plus de 19 ans --- pas tout a fait adulte mais déjà si grand, si fort, si tout --- rue de rennes , la haut sous un toit de paris ; chambre de bonne si petite et des milliers de lumières irisées qui éclataient dans leurs têtes à tous les deux – les dessins de marc étalés sur les murs et des tas de couleurs jetées de ci de la sur d’immenses papiers-
Tout seul déjà dans la vie, dans sa vie – cheveux longs et un peu hirsutes – un peu baroudeur , un peu artiste et poète à ses heures
Baudelaire et ses chats qu’il récitait sans cesse et qu’il lui dédiait, Léo ferré
---- avec le temps oui tout s’en va --------
révolution qu’on dessinait dans nos têtes pour réveiller le monde et auxquelles on croyait tellement fort
Londres l’été dernier et la verdure de picadilly qui brûlait de soleil –
Londres était alors devenu magique
Marc était venu la rejoindre sans même qu’elle l’attende pour repartir ensuite –
Comme toujours
repartir
Aujourd’hui ça fait mal , et même l’horloge immense de la gare saint lazare vient d’arrêter sa course folle –
« oh temps suspends ton vol « ….. » chuchote une voix dans sa tête – fige cet instant, juste ce moment là où il est encore là, comme statufié, enveloppé dans un espèce de manteau noir immense et un peu bizarre – fixe cet instantané pour que jamais cela ne s’arrête – ce regard là et ces mots là –
Mathilde c’est fini -
17 ans--- premier amour et ce chagrin immense –
cheveux emmêlés, ruisselants de cette pluie qui vient sûrement de redoubler, face à la bouche de métro –
envie de hurler et son silence qui résonne dans la tête de Mathilde , en rythmes décousus , silence ininterrompu, le vide qui se fait et la bouche de métro qui se volatilise-
marc va le prendre, ce putain de métro , là dans quelques minutes pour ne plus jamais revenir –
l’aiguille de la grande horloge va se remettre à tourner lentement –
il est descendu par le grand escalier et n’a pu faire qu’un dernier signe irréel à la gamine plantée là , signe de la main, signe d’au revoir , geste de tous les jours –
le métro s’est alors éloigné du quai -
21 Octobre 2006
26 novembre 06
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