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Mardi 8 juillet 2008


Gare saint lazare

 

 

 

Gare saint Lazare --- Mathilde se souvient de ce soir là, entre chiens et loups quand l’obscurité commençait à descendre sur Paris

Sans doute en automne, peut être fin octobre , où le début d’un mois de novembre déjà frileux

Chaussée glissante, feuilles qui tourbillonnent , il est possible qu’il se soit mis à pleuvoir de ces larmes là qui ne s’oublient pas même quelques décennies plus tard

 

Gare saint Lazare , face à la bouche de métro avec ces escaliers trop raides

Celle qui se trouve juste face à la grande horloge

Paris qui s’illumine et ces voyageurs pressés qui s’engouffrent et ressortent des entrailles de la terre pour aller prendre quelque train en partance ou à l’arrivée d’une ville fantôme

Mathilde était là, ce soir là , debout  

Les escaliers deviennent de plus en plus flous comme si la brume venait de tomber, paris dégouline à présent et le quai est désert, déserté – le train vient de s’arrêter

 

Il n’y a plus de brume et peut être si peu de pluie

Juste Mathilde et marc, seuls au monde , en automne, face à ce métro idiot avec en arrière fond le bruit lointain des essieux sur les rails , sorte de grincement  sans fin gémissement lancinant qui ressemble un peu à ce qui se passe ce soir là dans la tête de Mathilde -

 

17 ans à peine

Mathilde n’a que 17 ans

Regard qui se voile, et ce chagrin immense qui vient d’éclore, si peu perceptible et qui soudain submerge, asphyxie ,  paralyse étouffe …., la soulève de terre pour la transporter très loin , très loin de ce monde là qu’elle voudrait soudain quitter , ne plus voir, ne plus entendre

 

L’apocalypse ne doit pas être loin-

 

Marc un peu plus de 19 ans --- pas tout a fait adulte mais déjà si grand, si fort, si tout --- rue de rennes , la haut sous un toit de paris ; chambre de bonne si petite et des milliers de lumières irisées qui éclataient dans leurs têtes à tous les deux – les dessins de marc étalés sur les murs et des tas de couleurs jetées de ci de la sur  d’immenses papiers-

Tout seul déjà dans la vie, dans sa vie – cheveux longs et un peu hirsutes – un peu baroudeur , un peu artiste et poète à ses heures

Baudelaire et ses chats qu’il récitait sans cesse et qu’il lui dédiait, Léo ferré

---- avec le temps oui tout s’en va --------

révolution qu’on dessinait dans nos têtes pour réveiller le monde et auxquelles on croyait tellement fort

 Londres l’été dernier et la verdure de picadilly  qui brûlait de soleil –

Londres était alors devenu magique

Marc était venu la rejoindre sans même qu’elle l’attende pour repartir ensuite –

Comme toujours

repartir

 

Aujourd’hui ça fait mal ,  et même  l’horloge immense de la gare saint lazare  vient d’arrêter sa course folle –

 

«  oh temps suspends ton vol « ….. » chuchote une voix dans sa tête – fige cet instant, juste ce moment là où il est encore là, comme statufié, enveloppé dans un espèce de manteau noir immense et un peu bizarre – fixe cet instantané pour que jamais cela ne s’arrête – ce regard là et ces mots là –

 

Mathilde c’est fini -

 

 

17 ans--- premier amour et ce chagrin immense –

cheveux emmêlés, ruisselants de cette pluie qui vient sûrement de redoubler, face à la bouche de métro –

envie de hurler et son  silence qui résonne dans la  tête de Mathilde , en rythmes décousus , silence ininterrompu, le vide qui se fait et la bouche de métro qui se volatilise-

 

marc va le prendre, ce putain de métro , là dans quelques minutes pour ne plus jamais revenir –

l’aiguille de la grande horloge va se remettre à tourner lentement –

il est descendu par le grand escalier et n’a pu faire qu’un dernier signe irréel à la gamine plantée là , signe de la main, signe d’au revoir , geste de tous les jours –

 

le métro s’est alors éloigné du quai -

 

 

21 Octobre 2006

26 novembre 06

 

 

 

par ariane publié dans : mathilde 2006
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